Politique(s)
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Tangage, par Sylvie Pierre-Brossolette Son accrochage avec Ségo n'est que la première étape d'une stratégie : conquérir le PS après la présidentielle. |
Vincent Peillon connaît son épreuve du feu. Va-t-il parvenir à démontrer qu’il est le véritable chef d’orchestre des différentes composantes du “courant” Royal issu du congrès de Reims ? L’ex-candidate à la présidentielle qui ne songe qu’à le redevenir veut reprendre la tête de troupes qu’elle considère comme siennes. Problème : elle ne s’en est jamais occupée, elle n’en contrôle qu’une toute petite partie (le gros des militants se répartissant entre les partisans de Jean-Noël Guérini, Gérard Collomb, Julien Dray, Vincent Peillon et Ségolène Royal). Peillon affirme que l’addition de ses soutiens et ceux de Guérini est majoritaire dans ce courant bâtard. Il lui reste à le prouver dans l’épreuve de force que vient de provoquer la présidente de Poitou Charentes, plus déterminée que jamais à tracer sa route sur le chemin de 2012 en passant par des primaires qui nécessitent non seulement son charisme mais quelques bras armés à l’intérieur du parti. Vincent Peillon ne l’entend pas de cette oreille. Il ne considère pas qu’il ait “volé” son courant à Ségolène, mais qu’il a au contraire largement contribué à le forger. L’ex-candidate est en outre difficile à vivre pour qui veut l’aider. La preuve : la plupart de ses supporters-cadres l’ont quittée. Le député européen estime donc détenir la légitimité dans une mouvance qui détient un certain nombre de sièges au conseil et au bureau national du PS : élus par la base, la quasi-totalité sont des amis de Peillon. Il ne s’en sent que plus fort pour résister à l’offensive Royal. Pierre Bergé, qui est devenu son mécène, songe à couper peu à peu les subsides qu’il fournit encore à son ancienne idole, furieux de l’attitude de cette dernière envers son nouveau protégé. Et l’opinion, selon Peillon qui dispose d’études, lui donnerait raison. L’objectif de l’agrégé de philo désormais décidé à montrer les dents plus que sa culture est la conquête du parti. Il ne prétend pas, comme bon nombre de ses camarades générationnels, se lancer dans la bataille présidentielle. A quoi bon essuyer un revers humiliant lors des primaires, ce qui le priverait de briguer ensuite le poste de premier secrétaire ? Il aurait perdu sur tous les tableaux. Notre stratège va donc tenter de manoeuvrer pour rassembler et rassurer ceux que la violence des derniers jours a inquiétés. Il pensait ne pas avoir le choix : s’il avait joué les agneaux, il aurait été mangé tout cru. Alors il s’est transformé en loup. A ses risques et périls.