Chroniques & Opinions
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| Les fleurs du Net Par Pierre Kosciusko-Morizet La Convergence Internet |
La conjonction de la crise économique venue des Etats-Unis, et en particulier celle du pouvoir d’achat des ménages, et du raccourcissement du cycle de vie des produits, et en particulier des appareils numériques en tout genre, rend très délicate la situation pour les grands groupes d’électronique grand public.
Plus que jamais en période de vaches maigres, le Net semble être la solution de nouvelles générosités, grandes, moyennes, petites, voire microscopiques. Toutes les associations humanitaires et caritatives se posent la question d’utiliser plus et mieux le Net pour recruter des donateurs et intensifier leurs campagnes de collecte de fonds. Des procédés de collecte se trouvent ainsi renouvelés dans leur support. L’année 2009 a été très dure pour ce secteur, profondément touché de plein fouet, alors qu’il se portait bien avec l’appétit des consommateurs pour l’innovation, porté en grande partie par l’Internet. Dans ce contexte difficile, le secteur vit des restructurations, à l’instar de la prise de contrôle de Sanyo par Panasonic, lequel a lui-même annoncé la fermeture de 27 usines en février dernier. La variété des produits proposés par les grandes marques d’électronique grand public est devenue telle que les grands distributeurs ont du mal à suivre face à un catalogue à mettre en jour de façon hebdomadaire, quand ce n’est pas de façon quotidienne. Les volumes de ces marchés on atteint des quantités astronomiques : 1,2 milliard de téléphones portables, 300 millions de PC, plus de 200 millions de télévisions… Et avec la globalisation du marché qui permet des lancements marketing de nouvelles gammes à l’échelle de la planète, le cycle commercial de vie d’un produit s’en trouve également raccourci, ne permettant plus de décliner la mise en marché de la nouveauté territoire après territoire, à l’image d’une sorte de “fuseau horaire technologique”. A chacun de vanter alors les mérites de son produit “bon à tout faire” sous la pression du temps commercialement raccourci. Pour autant la convergence souvent revendiquée n’a pas toujours l’effet escompté : même si chaque appareil tend de plus en plus à (prétendre) tout savoir faire, les usages restent rois : le téléphone portable équipé d’un appareil photo n’a pas encore tué l’appareil photo numérique, bien au contraire… Ce qui pose au passage la question grandissante de la pollution écologique de la fabrication et de la consommation d’énergie de toute cette production, massivement accessible, et objet de déstockages à répétition. La tendance du marché pousse ainsi heureusement l’industrie électronique à se positionner sur l’économie d’énergie et les technologies respectueuses de l’environnement, notamment autour des batteries portables et rechargeables. Et l’Internet continue sa progression inexorable jusque dans les objets usuels, qui demain seront de plus en plus connectés. La maison “intelligente”, les vêtements et accessoires “connectés”, la voiture électrique elle aussi conçue pour un monde Internet, ne serait-ce que pour trouver où la recharger facilement, quel chemin emprunter pour optimiser sa consommation, où se garer sans trop chercher, mais aussi trouver où déjeuner, sortir, dormir, partir… Des nouveaux usages et des nouveaux besoins qui génèrent à leur tour des nouveaux cycles industriels portés par la recherche et le développement des grands groupes et des start-ups innovantes. Une innovation qui doit alors respecter une seule convergence : Internet forme, avec tout ce que permet le multimédia et l’interactivité du numérique en réseau. Et le plus souvent à un coût opérationnel et média optimisés pour l’association. Celle-ci peut ainsi in fine améliorer le taux de reversement des fonds collectés, une performance qui reste un des critères forts pour influencer et fidéliser les donateurs. Les populations visées via le Net sont plus jeunes et actives que la moyenne, un vivier de membres bienfaiteurs potentiels que cherchent à convaincre la plupart des grandes associations caritatives, qui voient l’âge moyen de leurs contributeurs vieillir d’année en année. Et les méthodes et le discours à tenir pour sensibiliser les plus jeunes générations évoluent. Ainsi par exemple le site aiderdonner.com qui permet à chaque association qui le désire de se douter d’un outil de collecte sécurisé avec émission automatisée des reçus fiscaux générés par les dons. Il propose aussi à chacun de créer une page personnelle pour y afficher le pourquoi et le comment d’un engagement pour récolter, à l’échelle de sa famille, de ses amis, collègues ou relations, des fonds pour l’association de son choix. Et de s’engager à réaliser soi-même une action pour stimuler les dons, à l’instar de la “Course des Héros” qui se prépare pour 2010, où des particuliers vont prendre le départ à condition d’avoir récolté auparavant suffisamment de dons pour la cause de leur choix. Mais sur le Net c’est aussi le don en nature qui trouve un nouvel essor, grâce aux nombreux sites de récupération et de recyclage. Une innovation : une première Vente Généreuse démarre cette semaine sur PriceMinister.com : une marque — Adidas —, donne généreusement un lots d’articles à un grand sportif, en l’occurrence Byron Kelleher, ancien demi de mêlée des All Blacks et actuel meneur de jeu du Stade Toulousain, qu’il revend sur sa boutique personnelle sur le site au profit de son association KelleherforYouth. Le CtoC au service de la générosité, puisqu’il permet alors aux heureux acheteurs à distance de maillots dédicacés de faire au passage un beau geste, l’intégralité des produits de la vente étant reversée au profit des actions de réinsertion par le sport et le développement durable que soutient l’association. Le don en nature est ainsi recyclé en financements grâce à l’intermédiation de la plate-forme : la confiance au service de la générosité.