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Arlette Chabot Mots tranchés Une terreur, Arlette. Avec un prénom de lutteuse comme symbole de différence. Loin des bimbos télégéniques, loin du journalisme de connivence, la directrice de linformation de France 2 impose la brutalité de la transparence. Une comique, Arlette, lorsque sa drôlerie déjantée émaille une exigence devenue rigidité. Mais une timide, Arlette. Avec un métier en guise de thérapie. Divan. Chaque semaine, Le nouvel Economiste révèle un tempérament à «LHôtel», rue des Beaux-Arts. Paris VIe. Portrait dune journaliste indépendante devenue une manageuse exigeante. Par Gaël Tchakaloff |
| Je suis candidat au Pacs avec Arlette Chabot »
Ah ! Guillaume Durand ou lamour du risque. Il la initiée à une nouvelle forme de présentation, plus détendue. Ils ont ri ensemble aux micros dEurope 1. Ils se retrouvent dans la même provocation. Car il faut bien cela pour penser épouser la diva de linformation. Elle enferme sa démesure dans un métier de mesure. « Elle ne connaît pas la nuance : avec elle, tout est formidable ou nul », assure Nathalie Saint-Criq, rédactrice en chef de Mots croisés. Les échos demeurent unanimes. Amis, collaborateurs et ennemis déclarés saccordent sur un point : son caractère de chien. « Ce métier impose un véritable tempérament, affirme Michèle Cotta*. Son caractère incarne le revers de sa pugnacité et de son indépendance desprit. Elle a un genre dautorité qui est une autorité professionnelle : elle connaît la télévision à la fois comme technicienne et comme patron. » Et Madame fidélise. Au sein de son équipe, de son métier et de lunivers politique, il y a les « pro-Chabot ». Elle incarne un type de journalisme, la défense de valeurs spécifiques. Sa tribu poursuit le perfectionnisme, la rigueur, lexigence. Elle est avide dauthenticité, refuse les faux-semblants et la langue de bois. Mais la face immergée de liceberg réserve encore des surprises. Mesure et démesure, toujours. Après 30 ans de métier, Arlette Chabot na pas confiance en elle. « Plus je vieillis, plus jai le trac, plus je me dis que je ny arriverai pas. Alors, je me motive en me répétant que je ne peux pas et que je ne dois pas être nulle. Il marrive de penser : directrice de linformation ? Je ne crois pas ! » La femme dà-côté Sa spécificité lisole. Elle se trouve décalée par nature et par choix. Rien ne la destinait à la télévision ou au journalisme. Ni sa famille bourgeoise son père dirigeait lentreprise familiale de soudage , ni son éducation catholique chez les surs dominicaines de Nogent-sur-Marne. Elle rêve de comédie ou de théâtre. Elle choisit le droit par facilité avant de bifurquer dans une école de télévision, pour apprendre la réalisation. Parce quelle opte pour la section journalistique, la jeune femme est engagée dans lancêtre télévisuel de RFI. En 1974, elle parvient à rebondir sur France Inter. Uniquement deux femmes dans ce monde dhommes : « Pour les filles, il ny avait jamais rien. » Son acolyte, Monique Cara, journaliste et productrice de télévision, se souvient : « Arlette était accrocheuse, travailleuse. Nous commencions à trois heures du matin. Elle a tenu le choc, moi pas. » Coup de chance, il suffit dune grève des détaillants de fruits et légumes, pour que tous les regards se tournent vers Arlette, en conférence de rédaction. Elle saisit lopportunité. Et développe sa légitimité sur le terrain. Après un passage au service social, Michèle Cotta lincite à se tourner vers la politique. Pour débuter, un cadeau empoisonné : elle suit la campagne de Jacques Chirac en 1981. Elle découvre alors les pressions politiques : « Jai compris que la politique était le secteur le plus dur qui soit. La campagne de 1981 a été épouvantable. Je le dis aujourdhui parce quil y a prescription. Valéry Giscard dEstaing avait donné la consigne aux rédactions de sous-traiter la campagne de Jacques Chirac. » Elle annonce que Chirac nappellera pas à voter pour Valéry Giscard dEstaing. Son papier ne passera pas. Après le second tour, le directeur de linformation de France Inter lui révèle sa chance : « Si Giscard était passé, il nous avait demandé de vous mettre dehors. » Mais rien ne la décourage. Lorsque Michèle Cotta, PDG de Radio France, part pour la Haute autorité, Arlette Chabot est placardisée. Ce ne sera que le début des allers-retours entre lombre et la lumière que la journaliste va connaître. Peu importe, elle a choisi son métier. Coûte que coûte. Le goût des autres |
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| Signes |
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| Ses maîtres Eliane Victor, Jean-Pierre Elkabbach, Michèle Cotta, Patrick Poivre dArvor. Ses lieux |
Ses dates - Mai 1968 : la grande manifestation sur les Champs-Elysées. - 10 mai 1981 : une bascule personnelle et professionnelle. - 11 septembre 2001 : un changement dépoque. Son signe zodiacal |
| Le nouvel Economiste - n°1269 - Du 3 au 9 septembre 2004 - Photo : Marc Bertrand - Toute reproduction interdite | |