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Max Guazzini Cur de leader Tout ce quil touche se transforme en or. Tous ceux quil recrute deviennent des stars. Meneur dhommes omniprésent, créateur intuitif, lancien président du directoire du groupe NRJ, devenu président du Stade français, ne supporte pas léchec. Colérique, lunatique, excessif, laffectif déclenche pourtant ladoration de ses équipes. Car ce loup solitaire a résolument du cur, du nez et de loreille. Chaque semaine, Le nouvel Economiste révèle un tempérament à «LHôtel», rue des Beaux-Arts. Paris VIe.Portrait dun timide avocat devenu un homme-orchestre communicant. Par Gaël Tchakaloff |
| Sa réputation le précède. Son physique imposant assoit son charisme. Son tempérament fédère les troupes à lémotion. Max Guazzini produit leffet dune drogue dure. La dépendance est immédiate. Le manque dévore. La présence est surpuissante. Son départ du groupe NRJ, au mois de mars dernier, a créé une vague dépressive. « Il était lâme de la station », murmure-t-on dans les couloirs. Alors, ils lui ont offert une grande fête, déplaçant pour loccasion son idole, Petula Clark. Max a pleuré, puis Max est parti. Mais il na pas coupé le cordon. Car lhomme fonctionne à lamitié, à la fidélité, à la générosité. Mentor perfectionniste, mécène caractériel, il ne peut saccommoder des demi-mesures. Il excelle dans le choix des hommes qui lentourent. Il sait révéler les personnalités. Il a le sens du produit. Il distille une communication efficace. Adulé mais redouté, passionné et passionnel, le Méditerranéen refuse les limites des champs personnels et professionnels. Lui, il mélange tout. Lhumanité demeure un critère de recrutement prioritaire. La compétence professionnelle suit forcément. Car ce coach tenace ne pardonne pas les erreurs. En revanche, la réciproque ne sapplique pas. Son entourage lui pardonne tout. Ses débordements, ses excès, sa nostalgie. « A son regard, on sait le matin comment se déroulera la journée. Il peut se mettre en colère mais il oublie cinq minutes après », indique son ami Marc Scalia. Lâme du groupe NRJ est devenue lâme du Stade français. De la radio au rugby, lhomme a quitté une équipe pour en créer une autre. Il est libre, Max. Bambino Croqueur damour, lil de velours, comme une caresse. Quand il la rencontre, il a dix-huit ans passés. Tous deux italiens, ils se comprennent. Deux écorchés, deux sensibles, deux émotifs. Elle va changer le cours de sa vie. Elle sappelle Dalida. Rien ne prédestinait pourtant son chemin. Elevé entre Marseille et Aix-en-Provence, ce fils dimmigrés toscans a le goût des études. Son père, concessionnaire de poids lourds, croit au modèle républicain. Alors Max décide daller à Paris. Après son bac, il entre à Sciences-Po. Puis sarrête en cours dannée. Manque douverture, manque de bohème, lécole ne lui correspond pas. Il pense trouver sa voie à luniversité. Mais son double cursus, droit et philosophie, sera de nouveau interrompu. Au foyer des frères maristes, rue de Vaugirard, il rencontre lancienne et la future élite : Edouard Balladur, Jean-Marie Colombani A Saint-Germain-des-Prés, un ami lui propose de chanter avec lui. Tout son argent de poche passera en cours de chant. Au final, deux disques, un maigre succès à la clef. Orlando confirme : « Max a fait ses armes à mes côtés, en commençant dans le métier du show-business. A lépoque, il était très timide. Je lai eu comme chanteur avant de l'avoir comme coordinateur de promotion. Je dois reconnaître que tout était parfaitement réussi chez lui, à lexception de ses cordes vocales ». Jeune, grand, beau garçon, bien élevé, Max soccupe de la presse, des relations publiques et de la communication auprès dOrlando, durant quatre ans. Il trouve son premier clan. Sa seconde famille. Il découvre lunivers politique, milite au Parti socialiste. Chaque dimanche, les amis se réunissent chez Dalida pour jouer au rami. Il rencontre Bertrand Delanoë, François et Danielle Mitterrand, Jacques Attali, Christine Gouze-Rénal, Roger Hanin « Dalida était une grande artiste, une femme terriblement attachante. Chez elle, on était tous davantage portés par un mouvement de clan que par une idéologie ». Parole, Parole Affectif mais cérébral. En 1980, il décide de passer le certificat daptitude à la profession davocat. Pénaliste, parce que la matière lui semble plus humaine. Rapidement, il rencontre Jean-Paul Baudecroux. Lheure du second tournant est arrivée. Rien ne semble pourtant réunir les deux hommes : « Nous sommes très différents lun de lautre. Mais, souvent, les contraires sattirent ». Ils vont développer ensemble la première radio de France. « Jean-Paul coupait les oignons et Max pleurait », se souviennent leurs collaborateurs. Max demeure lavocat de NRJ jusquen 1985. A cette époque, la publicité nest pas autorisée, la radio reste associative. Elle se transformera plus tard en entreprise commerciale, au sein dun groupe à visage européen. Max est secrétaire général et Jean-Paul Baudecroux, président. A eux deux, ils vont mener un double combat. Individuellement dabord, en imposant le leadership dune radio contemporaine « high rotation », par la qualité du son, la spécificité de sa cible et de sa programmation musicale. Collectivement ensuite, ils deviennent le symbole de la lutte pour la liberté de la FM. Lhistoire se recoupe toujours. Car cest Dalida qui intervient auprès de Jacques Attali le 3 décembre 1984, pour éviter la saisie du matériel de NRJ dans les locaux de lavenue dIéna. La même Dalida se trouvera quelques jours plus tard en tête de la manifestation orchestrée par Max Guazzini, destinée à sopposer à la suspension dun mois, préconisée par la Haute Autorité : « Javais compris que nous ne parlions pas le même langage que la Haute Autorité. On se heurtait à un mur. Javais lidée dune grande manifestation, jen avais rêvé ». Il la fait. 300 000 personnes ont soutenu la radio dans la rue. Sil est dabord un homme de programmes, Max Guazzini est devenu un professionnel du marketing et de la communication. Du cinéma aux concerts, des animateurs aux artistes, il impose partout la marque NRJ et devient licône des musicales. Celui qui peut faire et défaire la carrière dun chanteur ou celle dun tube. « Il est lune des dernières oreilles du métier », insiste Nathalie André, ancienne collaboratrice aujourdhui PDG de NAO. Pourtant, à lapogée de sa gloire, Max décide de tout quitter. Laissez-moi jouer NRJ était une famille. Elle est devenue une industrie. Le passage sest opéré lentement, au début des années 90, lorsque le groupe a déménagé rue Boileau. « Pour moi, les 10 premières années de NRJ ont été les plus belles ». Sil en est resté actionnaire à hauteur de 3 %, lamoureux des petites équipes et de la spontanéité a décidé dappliquer son savoir-faire à un nouvel univers. Désormais, son cur appartient au rugby. Peu importe quil nen connaisse pas la tactique et la stratégie. Il sest fixé un nouveau défi : « Le challenge du Stade français consistait à lui redonner ses lettres de noblesse en redevenant un grand club de rugby ». Cest chose faite. En cinq ans, le club qui vivotait en deuxième division sest rangé parmi les meilleurs. Vainqueur de la Coupe de France en 1999, il remporte trois fois le titre de champion de France entre 2000 et 2004. « Max transforme les joueurs moyens en joueurs internationaux. Il est habitué à lexcellence et à la réussite, si bien que chaque défaite est vécue comme un échec personnel », nhésite pas à affirmer Michaël Magnin, directeur général adjoint de Lagardère Active Music. Image et perception : il a fait de ses joueurs des stars glamour, en éditant notamment le DVD, le livre et le calendrier des Dieux du Stade, tiré, cette année, à 240 000 exemplaires. Inspiré du calendrier Pirelli, lobjet est devenu un collector politiquement correct. Car lessentiel des bénéfices est reversé à des uvres caritatives. Esthète, artiste, créateur, Max Guazzini exprime peut-être davantage sa personnalité dans son nouveau métier. Chef déquipe, rassembleur, il parle de ses 33 joueurs comme de sa famille. « Max motive par lexigence de la réussite et la nécessaire performance », lance lentraîneur Fabien Galthié ; « Je lui dois ma carrière », renchérit Christophe Dominici, tandis que son ami Jean-Pierre Rives conclut : « Lémotion guide sa vie. Il sentoure de gens qui ont cette même sensibilité. Sa gestion financière et humaine du club en fait un président hors normes ». Pourtant, Max Guazzini tente dimposer de nouvelles règles au rugby. Tenues vestimentaires, musique dans les stades (il est à lorigine de la relance du tube I will survive), et harmonisation des salaires des joueurs. Au Stade français, la masse salariale représente près de 70 % du budget du club (sur un total de 7 millions deuros), mais le salaire annuel moyen dun joueur reste de 75 000 euros. Cest donc dans le rugby que Max Guazzini dépense largent quil a gagné en radio En 2003, le club, dont il est actionnaire à 99 %, est enfin imposable pour la première fois, avec 60 000 euros de bénéfice. Une alliance capitalistique avec Arnaud Lagardère est envisagée. En attendant, le président du club, adoré mais solitaire, poursuit sa route. « Je pense que le succès quil a obtenu avec NRJ ne sarrêtera pas au Stade français. Il pourrait devenir un magnat de la presse ». Orlando serait-il devin ? |
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| Signes |
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| Fan de Petula Clark, chants grégoriens, Jean-Paul Sartre, Honoré de Balzac, Alexandre Le Grand. Ses dates |
Son signe zodiacal Scorpion |
| Le nouvel Economiste - n°1282 - Du 3 au 9 décembre 2004 - Photo : Marc Bertrand - Toute reproduction interdite | |