Vu d’en haut
Vu d’en haut
Serge Eyrolles,
président du Syndicat national de l’édition
“Nous attaquons Google sur le principe du droit d’auteur français bafoué”
Le patron de l’édition française dégaine ses arguments afin de protéger le livre et les auteurs.
Bretteur international, il croise le fer avec le méga-géant Google au nom de l'édition française, dont il défend bec et ongles les intérêts sur tous les fronts : le numérique, la distribution. L'ex-patron de l'une des plus prestigieuses écoles d'ingénieurs privées — l'ESTP — a passé la main, estimant que la formation de ces jeunes esprits devait être pilotée par... un jeune responsable. Pour une raison quasi identique, il vient de prendre du recul avec les responsabilités qu'il assumait à la tête du groupe Eyrolles, sixième éditeur français indépendant dont la ligne éditoriale tient pour beaucoup au concret, au pratique dans moult domaines : gestion de l'entreprise ou de la vie personnelle. Sans ambages, il glisse : “J'ai toujours eu cette culture du livre pratique. Les livres théoriques me soûlent.” De ces niches, il a fait un filon qu'une trentaine d'éditeurs maison exploitent de la façon la plus réactive qui soit. Serge Eyrolles, 62 ans, imprime le rythme tandis que ses exigences façonnent les contenus. Depuis 18 ans à la tête du syndicat des éditeurs français, il poursuit actuellement des combats transatlantiques particulièrement vifs.
Google, depuis fin 2004, numérise, sans l’autorisation des auteurs et des éditeurs, des livres sous droits dans les fonds des bibliothèques américaines dans le cadre du “programme bibliothèques” de Google Book Search. En 2006, le groupe La Martinière a attaqué Google à ce sujet, le Syndicat national de l’édition et la Société des Gens de Lettre se sont joints à ce procès, qui est toujours en cours. Nous attaquons Google sur le principe de respect du copyright français et du droit d'auteur français bafoué. De leur côté, nos confrères américains avaient attaqué Google en 2005. Le 28 octobre 2008, cinq éditeurs américains et la société des auteurs américains ont annoncé un “règlement” négocié en secret avec Google et mettant fin au procès, qui leur avait coûté 35 millions de dollars. Négocié par quelques éditeurs américains dans le cadre d’une “class action”, ce règlement a vocation à être étendu à tous les auteurs et éditeurs dont au moins un livre est situé sur le territoire américain (c’est le cas de la plupart des éditeurs français et beaucoup d’auteurs français). Ce règlement doit encore être validé par un juge américain en octobre prochain. Les éditeurs et auteurs du monde entier ont donc jusqu’au 4 septembre 2009 pour décider s’ils sortent du règlement Google ou non. S’ils y restent, le règlement ne concerne que les livres numérisés avant le 5 janvier 2009 : pour ces livres-là, nous pouvons demander à Google de nous dédommager en nous versant 60 $ par livre et nous avons la possibilité de demander leur retrait de leurs bases. En revanche, depuis le 5 janvier 2009, ils continuent à numériser mais ils ne payent plus. Leurs méthodes sont inacceptables, d'un côté, ils avancent sur le plan juridique, de l'autre, ils donnent de l'argent pour acheter la paix. A l'américaine. Et ils essaient de diviser pour régner en passant des accords en direct avec quelques éditeurs.Pour l'instant, cela ne marche pas. En effet, il existe un deuxième programme. Dans le cadre de Google Book Search, le “programme éditeurs” par lequel ils passent des accords avec les éditeurs pour que les internautes puissent feuilleter des livres et ensuite les acheter chez des libraires français comme Mollat, Decitre, Sauramps. Pour l'instant ni Amazon, ni la FNAC n'ont signé. Il n'y a quasiment pas d'éditeur français mais ce feuilletage est une incitation à la vente. Les deux piliers de l’économie du livre en France sont le prix unique et la défense de la librairie. A partir du moment où l'on a ces protections, on s'en sortira. Le jour où on n'a plus le prix unique, plus le même réseau de librairies, le marché du livre plongera. On fera comme la musique. Mais nous sommes confiants, ce n’est pas pour demain.Le numérique est un vrai dossier, le principal enjeu pour l’avenir du livre. Mais il est rassurant que le livre reste de loin le premier produit culturel français, avec un marché qui résiste. C'est fabuleux.
La dématérialisation du livre
C’est du “pipeau”, pour l’instant, ce sont des fabricants de matériels qui se battent. Kindle, Sony, Reader et Philips investissent en effet des millions de dollars au niveau technologique, y compris dans la téléphonie. Mais il n’y a pas de norme. Actuellement, le marché du livre numérique, sous toutes ses formes, n’existe pas. Après avoir tant investi dans ces nouveaux supports, les fabricants les remplissent avec la presse, et la tuent parce que c’est gratuit. Leur prix de revient étant élevé, ils vendent les lecteurs très cher. Ces derniers ne sont donc pas accessibles au plus grand nombre. De plus, ils sont en noir et blanc, et non-tactiles. Kindle II, qui sortira à la fin de l’année en France, sera tactile et aura une plus grande autonomie. Tout cela marchera dans cinq ans. Chez Eyrolles, on a monté “Easy Book” afin de réaliser des livres numériques dans le domaine informatique qui réalise aujourd’hui le chiffre d’affaires d’une librairie.
Ceux qui avaient prédit que ce marché du numérique allait détrôner celui du papier se sont lourdement trompés : actuellement, on ne peut même pas l’évaluer. Certes, on fait des efforts, notamment en numérisant une dizaine de milliers d’ouvrages grâce à la BNF, plate-forme de rediffusion vers des cyberlibrairies. Mais il n’y a quasiment pas de chiffre d’affaires. Les gens consultent, feuillètent mais n’achètent pas. Pour l’instant, ce marché n’existe pas.
Notre modèle économique pour les livres sous droit est de subventionner les éditeurs pour les aider à numériser leurs ouvrages grâce à des normes. Une histoire de fou, car on ne sait pas lesquelles. Il y en a 25. Il faut voir comment les choses se modélisent, car pourquoi vendre un livre numérique moins cher qu’un livre papier ? Pour l’instant, c’est le cas. On les vend moins cher malgré une TVA à 19,6 % sur support numérique et à 5,5 % pour le livre papier. Je pense qu’il faut vendre le livre numérique plus cher ou au même prix. Par conséquent, nous nous battons pour avoir une loi sur le prix unique qui serait étendu au numérique.
Aujourd’hui, il y a une demande pour les mangas, la BD, les dictionnaires, les encyclopédies, les livres techniques, scientifiques…
Le problème est que certains proposent des livres numériques clonés des livres papier qui intéressent peu, alors qu’il faut fabriquer des livres numériques avec valeur ajoutée grâce à de la vidéo, du son, des animations. Cela conviendrait pour des ouvrages de recettes de cuisine, sur les pompes à chaleur ou le photovoltaïque. On n’est plus dans l’univers du livre, mais dans la vente d’informations. C’est l’avenir, mais ce marché n’est pas encore là. Tant mieux pour nous.
Internet
La distribution de livres par Internet se développe de façon folle pour une raison simple : les gens ne trouvent pas tout de suite celui dont ils ont besoin dans les librairies. Seul Internet peut le leur procurer. D’autant plus que les frais de transport sont souvent gratuits. La vitesse et la réactivité imposent leur loi au livre, dans des délais de plus en plus courts par rapport à la presse. On le voit avec les ouvrages politiques sur la crise financière : nous avons sorti un livre en 15 jours, le premier, celui de Nicolas Bouzou. Et nous arrivons à des délais de production qui conviennent aux lecteurs. Je crois que le métier d’éditeur aujourd’hui consiste à sortir très rapidement les livres. Je ne parle pas de l’actualité qui est toujours sortie assez vite. Donc, en province, votre libraire aura tout au plus 7 000 bouquins, tandis qu’une grosse librairie comme la Fnac propose 150 000 titres. Or en France, il y a un million de livres disponibles. Les seuls qui pourraient avoir un jour un million de titres sont les acteurs sur Internet. Actuellement, ils ont 5 à 6 % de part de marché, mais Amazon connaît une progression à deux chiffres depuis trois ans.
Eyrolles éditeur
C’est une entreprise familiale. Le fait que nous contrôlions 95 % du capital fait de nous un éditeur indépendant, sans doute le 6e ou le 7e en France avec 700 titres publiés par an — quatre livres par jour ! — sur quelques créneaux : le bricolage au sens très large, la vie pratique, l’informatique, l’entreprise (23 % des 50 millions du chiffre d’affaires), dont 300 nouveautés.
Notre chiffre d’affaires s’est développé en 2008 d’un peu plus de 5 % grâce à nos trois activités : l’édition, la diffusion d’éditeur et la librairie, qui marche bien. Notre spécificité ? La rapidité par rapport aux grands groupes et aux entreprises moyennes. Quand nos 200 salariés détectent un créneau — sur l’auto-entrepreneuriat par exemple —, il faut qu’ils fassent vite afin de sortir un bouquin avant les autres. Ainsi, nous avons été les premiers à sortir un livre sur Maastricht. On a toujours fait les choses quinze jours avant tout le monde. Et cela marche. Je suis convaincu que l’avenir appartient à l’enseignement technique et professionnel avec apprentissage. J’ai donc racheté une boîte — GEP — dans les sciences de gestion. Nous allons également en racheter dans d’autres secteurs pour faire des manuels du maître et de l’élève en relation avec les professions. C’est un créneau de développement formidable.
Nous privilégions tout ce qui est vie pratique (bricolage, bio, développement durable). Notre programme 2008 contient des dizaines et des dizaines de bouquins faits par des professionnels.
Notre best-seller, c’est le puits canadien, vous connaissez ? La pompe à chaleur, la mini-éolienne, le photovoltaïque... Ou encore le jardin bio, la cuisine bio, manger bio, se développer bio, vivre bio. Incroyable ce que cela marche. Pour 9 euros, vous faites des sacrées économies. J’ai toujours eu cette culture du livre pratique. Les livres théoriques me soûlent. J’en ai eu trop dans mon éducation. Les gens veulent du pratique, avec des illustrations en quatre couleurs, des formules pour pouvoir discuter avec les sous-traitants d’égal à égal. Sans ça, ils n’y comprennent rien. Mais ils ne veulent pas ce “how to” à l’anglaise qui est si banal.
Je veux des devis concrets faits par des praticiens, et non par des pseudo-spécialistes qui vous disent comment être plus heureux, comment maigrir en trois jours ou comment vivre mieux. En revanche les sciences humaines se développent particulièrement bien : psycho, philo… (mieux vivre avec Spinoza). Sur nos 300 nouveautés, un peu moins de la moitié concerne l’émotionnel, le stress… Et la culture générale. On a fait l’histoire de la peinture, l’histoire de l’architecture. Nous publions aussi pas mal d’ouvrages d’architecture, parce que c’est un domaine où la France a perdu quelques places. Il y a là un vrai problème de société. Lorsque j’étais au Conseil économique et social, nous avons fait un rapport sur les HLM dans lequel on demandait aux locataires : “Etes-vous content d’avoir votre logement ?” 90 % répondaient oui. “Etes-vous content des conditions de vie dans votre logement ?” 90 % disaient non.
Secret de fabrication
Nos meilleures enquêtes émanent des clients de la plus grande librairie technique de Paris, située en bas de chez nous. Ils nous demandent : “Vous n’avez pas un bouquin là-dessus ?” La question remonte dans le quart de seconde. Comme sur Internet avec tous nos sites. Nous sommes en permanence à l’affût des demandes du client. Je lis énormément la presse spécialisée.
Ensuite une trentaine d’éditeurs — des femmes à 90 % — font travailler les auteurs. Si on ne produit pas, on est mort. Le système éditorial français veut que l’on vende des livres que ni les consommateurs ni les libraires n’ont commandés. On leur balance nos produits en leur disant payez-nous d’abord et vendez-les après. C’est le côté malsain du système. Comme la production est supérieure à la capacité du libraire à diffuser les livres, vous avez des moments où cela s’engorge. Ce qui nous condamne paradoxalement à produire. Le jour où vous arrêtez , le concurrent prend votre place. Le libraire pousse des bouquins Eyrolles. Et le jour où nous perdons la place, nous sommes morts. On est dans un TGV nouvelle génération. Produire, produire, produire. Notre force, ce n’est pas de produire de la quantité mais de la qualité. Nous avons commis l’erreur de sortir un beau livre en janvier. Qu’a fait le libraire ? Il a dégagé le carton avant même de l’avoir ouvert. Les beaux livres, il faut les proposer en octobre. Mais sortir un manuel de jardinage à ce moment-là, c’est idiot. Enfin, il y a une règle d’or : ne jamais publier les livres qu’on aime. Nous avons un fonds qui se vend régulièrement, ce qui fait notre force : nos livres se vendent pendant des années et des années, avec des tirages moyens de 3 000 exemplaires. Les invendus représentent 17 % des livres publiés. Trouver des auteurs français hyper connus, ce n’est pas pour nous. Alain Minc ou Jacques Attali n’iront pas chez Eyrolles mais chez Fayard, Grasset ou Laffont. Donc, je veux de jeunes profs de fac, de jeunes économistes, des bricoleurs qui connaissent leur métier, quitte à leur réécrire leur bouquin. Je veux des praticiens, pas des idéologues.
Le bon coté de la crise
Notre secteur d’édition économique et de management est florissant grâce à la crise ! Avec le chômage actuel, les gens ont besoin de rédiger leur CV. La gestion d’entreprise, de personnel, l’efficacité professionnelle marchent bien également. Tous ces bouquins n’ont aucun intérêt en période de croissance. Les gens sont paniqués et veulent apprendre à rédiger, à se comporter, ou apprendre tout court. Avec un retour sur soi-même et sur le bien-être.
Je crois beaucoup à l’avenir des livres d’éducation. Pas le manuel scolaire, mais le livre parascolaire très professionnel, vendu avec une clé USB. L’orientation dans ce pays est un drame. Nous avons besoin de prescripteurs. Aujourd’hui, ce sont les parents, les profs ou les amis qui jouent ce rôle. Le bouche-à-oreille donne de la vie aux livres, on se passe le mot en disant : “ Tu devrais lire ce bouquin”. Actuellement, je note une volonté de retour aux sources. Le livre reste une valeur — pour les jeunes et les moins jeunes — qui n’a pas frémi du tout. Les gens vont au cinéma, achètent des livres, regardent des DVD. Et puis, ils en ont assez d’être piégés pour deux ans par les abonnements Orange et SFR qui leur coûtent 70 euros par mois — le prix de trois livres.
Le livre
Les podcasts non plus ne remplaceront pas le livre. Ce qui est important, c’est de l’avoir chez soi, d’avoir envie de le feuilleter, le reposer, le reprendre, qu’il ait une belle couverture. Et tout ça coûte 15 euros. Il y a une relation entre le livre et l’individu qu’on ne retrouve avec aucun autre produit culturel. Certes, avec les objets d’art aussi, il y a une appropriation. On l’a vu avec la vente Bergé. Mais le livre offre un rapport qualité/prix qui n’existe nulle part ailleurs, que ce soit une BD, un livre de jeunesse, de sciences humaines, un dictionnaire. On a dit que les dictionnaires étaient morts. Pourtant Larousse continue à en vendre des centaines de milliers chaque année, alors même que sur Wikipédia vous avez tout gratuit, y compris sur le site de Larousse.fr. Le livre gratuit est une “connerie”.
Le pilon
Certains s’insurgent contre le fait de jeter les livres. Ceux qui vont au pilon représentent 5 ou 6 000 tonnes et sont recyclés en pâte à papier, alors que les journaux représentent 100 000 tonnes de papier non-recyclé. En outre, souvenez-vous de l’histoire du dictionnaire Larousse avec sa page sur les champignons vénéneux et comestibles et l’amanite phalloïde indiquée à tort comme comestible.Une chance, il n’y a pas eu de morts. L’ouvrage a été retiré de la vente puis mis au pilon. De plus, les invendus retournés par les libraires sont abîmés, froissés, ont été feuilletés, etc. C’est normal qu’on les jette.
Quant aux livres scolaires ou universitaires qui ne se vendent pas parce que la méthode n’est reprise par personne, on les jette. Je ne trouve pas ça normal. Tous ces bouquins pourraient être donnés aux pays d’Afrique ou d’Asie. Ou encore distribués dans des kermesses, des foires. Le pilon doit être l’exception, pas la règle.
L’école supérieure des travaux publics
Cette école d’ingénieurs fut créée par mon grand-père en 1891. Mon père en a pris la suite après la guerre, en 1946. Je suis né en 47. Et j’ai toujours dit qu’à 60 ans j’arrêterais. J’estime qu’une école d’ingénieurs, comme une école de commerce d’ailleurs, doit être dirigée par des jeunes.Pendant mes 35 ans de direction, j’ai trop souffert de voir autour de moi des gens âgés. J’étais le plus jeune et suis devenu le plus vieux. Or une école a besoin d’innover en permanence, surtout les écoles d’ingénieurs qui ont un profil français et atypique .
J’ai mis un an à trouver mon successeur. Le coeur déchiré parce que c’est une affaire de famille, même si l’école est maintenant gérée par la Fédération des travaux publics et la Fédération du bâtiment. La directrice générale, une jeune X-pont de 44 ans qui a travaillé dans le BTP, est à la tête d’une affaire très bien équilibrée qui réinvestit énormément d’argent. J’ai construit 20 000 m² en l’espace de 15 ans.
Aujourd’hui, l’école est classée dans tous les hit-parades, y compris le vôtre, dans les 15 premières écoles d’ingénieurs françaises, et de très loin la première privée diplômant 400 élèves par an. Mais le contact avec les jeunes va me manquer terriblement.
Chiffres clés
Groupe Eyrolles
Chiffre d’affaires : 50 Ms d'euros
Résultat net après impôt 3,5 Ms d'euros
Effectifs : 240 salariés
Publications : 700 titres par an dont 300 nouveautés
Bio express
Le pédagogue pratique
Cet ingénieur des travaux publics dirigea pendant une trentaine d’années l’école familiale — la prestigieuse ESTP —, tout en menant une carrière d’éditeur au sein du groupe Eyrolles (PDG des éditions d’organisation et d’Eyrolles)- la famille encore — et en assumant une belle collection de responsabilités au sein de la profession, notamment celle, depuis 1991, de président du syndicat national de l’édition. Il s’est récemment transformé en auteur pour sigler “les 100 mots de l’édition” dans la collection Que sais-je des P.U.F. Ce passionné d’inventions déteste les idéologies et les théories. Féru d’enseignement, il prolonge dans l’édition le travail pédagogique en faisant publier des ouvrages particulièrement concrets. Depuis trois mois, il a laissé les responsabilités du pilotage de la maison d’édition familiale à sa nièce, Marie Pic-Paris Allevena, directrice générale. P.A.