Pouvoirs d’aujourd’hui

Les fleurs du Net
Par Pierre Kosciusko-Morizet
Lectures numériques

Une question de contenus autant que de contenants.
Les ventes de livres électroniques, bien que très petites en volume, se développent. Mais l’offre d’environ 250 000 titres est encore essentiellement constituée de textes en anglais, rien en français, hormis Le Monde ou Les Echos. La concurrence devrait monter en puissance cette année. On peut déjà citer en particulier le Nook du libraire américain Barnes and Nobles, lui aussi avec Wifi et 3G. Il est doté en plus d’un petit écran couleur tactile qui vient compléter l’écran principal de lecture, lui à base d’encre électronique : une technologie qui a permis d’améliorer considérablement les livres électroniques en supprimant la plaque de verre des écrans LCD (cause de poids et de fragilité), en limitant les besoins en batterie (cause de surchauffe et d’autonomie limitée), et surtout en offrant un meilleur confort de lecture grâce à un bon contraste d’affichage en noir et blanc. Disponible uniquement aux Etats-Unis, ce nouvel ebook vient d’y être lancé à un prix équivalent, avec une offre de contenu avoisinant le million de titres (livres, catalogues, revues et journaux). Outre les caractéristiques techniques, c’est bien en matière d’offre de contenus qu’il faut anticiper le développement de ces nouvelles machines à lire des livres virtuels. Un sujet qui continue de faire couler beaucoup d’encre, bien réelle celle-ci, avec entre autres la remise il y a quelques jours du rapport Tessier sur la numérisation du patrimoine. Parmi les conclusions la montée en puissance inexorable de la consommation de culture via l’écran, qu’il soit fixe ou nomade, grand ou petit.
Au moment où les tractations s’intensifient entre les acteurs traditionnels de l’édition et les nouveaux services en ligne la question est de savoir selon quels modèles et avec quelles garanties les droits seront exploités et protégés. L’initiative Google Books leur propose de numériser et d’indexer tous leurs contenus, qu’ils soient tombés dans le domaine public ou bien encore sous droits d’auteurs, pour permettre la recherche en texte intégral et plus. Le ministère de la Culture annonce qu’il veut proposer une alternative et investir 750 millions du grand emprunt dans la numérisation du patrimoine culturel, et en particulier dans les fonds de nos grandes bibliothèques. Mais il s’agit aussi de répondre en français à la demande croissante des nouvelles générations de lecteurs qui s’équipent chaque année un peu plus et surtout beaucoup mieux en écrans nomades capables de restituer une bonne expérience de lecture numérique, via Internet…


Le nouvel Economiste du 21 janvier 2010 - N°1505 – © Nouvel Economiste 2010